Prendre la parole en public, Pitch it easy !

separator

Ce qui a fait évoluer ma pratique d’enseignant et de formateur vers le coaching, c’est la prise de parole en public. J’ai accompagné bon nombre de personnes préparant des concours, majoritairement les concours de l’enseignement, particulièrement sur les parties orales. Les demandes qui me venaient à l’époque se centraient sur la connaissance à maîtriser lors de l’oral (hardskills) mais ces demandes cachaient en fait une fragilité pour réussir « l’épreuve » orale. Le mot est bien choisi !

Cela tombait bien pour moi qui m’intéressait davantage aux softskills, compétences « douces », comme la prise de parole en public, et tout autre forme de savoir-êtres. Pour tout dire, je n’étais plus dans le coup pour les savoirs professionnels qui m’étaient demandés : didactique des maths, du français, programmes officiels des enseignants, etc. Peu à peu, je me suis formé aux outils du coaching, pouvant ainsi plus efficacement amener les personnes à se mettre dans de bonnes conditions pour tout type d’entretien ou d’oral professionnel. Parmi ces outils, le DISC que je présente ci-dessous.

Le Pitch : pas une énième méthode mais un jeu !

Rappelons ce que l’on nomme communément aujourd’hui un pitch : une courte présentation orale ayant pour but de convaincre des clients, des financeurs ou d’autres à soutenir un projet ou un produit. Pitcher son projet, c’est en faire un court résumé, adapté à son interlocuteur. Le terme Elevator pitch désigne un résumé fait à une personne importante dan le temps d’un voyage en ascenseur !

En observant des étudiants des grandes écoles et des entrepreneurs, je remarque des erreurs fréquentes dans leurs pitchs.

entreprise

Il y a ceux qui pensent savoir faire. Et parfois, certains sont d’ailleurs très talentueux. En gros, ils sont confiants et l’exercice les challenge. ils y vont donc pour tout rafler, casser la baraque, foncer, défoncer, et d’autres verbes encore plus agressifs ! La mode étant au stand-up, ils font l’erreur de tout miser sur une prise de parole « one man/woman show ». Mais leur impact est faible car ils s’adressent alors à ceux qui sont bâtis comme eux, ceux qui cherchent un pitch « cash », qui ne prend pas de détour inutile et qui envoie du lourd.

etudiant

Et puis on retrouve aussi ceux qui construisent leur intervention comme un exposé minutieux, académique, scolaire, à l’image de ce que l’on a toujours attendu de nous, lors d’une intervention orale à savoir : imiter le.la maître.sse d’école ! Et là, contraints par le timing serré, ils se sur-entraînent pour passer les diapositives en 15s chacune. Ils aboutissent à leur objectif : avoir tout « dit » mais peu de messages ont été reçus par l’auditoire.

jeu imprimé

Il y a enfin, ceux qui me disent que c’est une situation des plus angoissante pour eux. On parle de glaussophobie pour décrire ce phénomène qui touche beaucoup de personnes et parmi elles, des enseignants, des managers ou des artistes qui repoussent tant qu’ils le peuvent ces interventions orales. Pour leur permettre d’être serein.es, j’ai développé un jeu de cartes dont je vous explique maintenant la philosophie.

Il n’y a pas à « performer » votre prise de parole

J’accorderai plus volontiers de l’importance à garantir une bonne réception des messages auprès des personnes réelles de l’auditoire. Si l’on se met dans le public auquel on s’adresse, il est alors facile d’en comprendre les besoins.

Bien tout dire c’est à dire ne rien oublier de citer me paraît négligeable par rapport au fait d’impacter son auditoire.

Tout bien dire, c’est à dire, comme le font certains, réciter un texte bien préparé et appris par coeur me semble mettre de la distance et de la froideur dans le discours, je préfère volontiers écouter un.e maldroit.e mais qui cherche à me parler.

Il n’y a pas à « performer » sa prise de parole. La question « ai-je été bon.ne ? » n’est pas pertinente. Il n’y a pas non plus à faire votre intervention ‘au talent ». Au contraire, vous avez à vous garantir que vous déroulez les bons mots en gardant votre auditoire en attention, en les surprenant par des astuces verbales, des démonstrations, en attirant leur attention sur des éléments qui les concerneront, dans une mise en scène percutante, créant ainsi un ensemble dont ils se souviendront.

Rien n’est plus triste, en tant que membre d’un jury, par exemple, de penser  » le candidat n°4, c’est lequel déjà…? » Vous devez tout faire pour marquer intelligemment, et sans effet de spectacle superflu, votre public. Votre question après votre intervention pourrait être : « est-ce que j’ai bien donné envie de me rencontrer, d’en savoir plus, ou de collaborer avec moi ? »


Mais alors comment s’y prendre pour impacter efficacement son auditoire ?


Je propose d’accompagner votre prise de parole  sans glaussophobie ni sur-assurance mais dans une démarche ludique.

Envisagez votre  auditoire, quel qu’il soit, comme un ensemble rassemblant les profils de comportements suivants :

Dominant / Influent / Stable et Consciencieux

modèle DISC revisité par les soins de CréaBeng et de Zou! en

Yeeha! / Waow! / OK et Hem…

Cartes7Cartes5Cartes3Cartes9

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

Que vous ayez comme auditoire, des managers, des inspecteurs, des étudiants, des artistes, des chômeurs, des travailleurs sociaux, des cadres de santé, etc. vous pouvez parier que vous retrouverez dans l’assistance 4 comportements principaux. Attention ! ce modèle DISC inventé par Marston est un outil pour comprendre les comportements. N’en faites pas une sorte d’horoscope qui enfermerait les humains dans seulement 4 types. Au contraire, voyez cela comme des caricatures qui n’existent jamais purement comme dans leurs descriptions.

Voici leurs caractéristiques :

Pictos3Le YEEHA ! se doit de décider, trancher, diriger. Il vous faudra lui parler cash et en le percutant un peu. La provocation bien jouée sera un atout pour le toucher. Si rien ne se passe pour lui dans les premières minutes, il se fera vite une opinion négative.

Pictos2Le WAOW ! émerveille et s’émerveille, c’est un être profondément communicant, sociable et optimiste. Il s’agira pour vous de l’embarquer. Le story telling ou l’art de raconter votre histoire, le touchera. Osez l’émotion.

PictosLe OK cherche l’équilibre dans sa vie intérieure, dans son jugement et son humeur. Vous devez être cohérent dans vos propos et montrer que ce que vous proposez possède de l’épaisseur.

Pictos4Le Hem… a besoin d’analyser, d’étudier dans le détail et de vérifier chaque élément d’un tout. Il vous faudra le rassurer sur le fait que vous avez pensé les étapes, les détails, le pour et le contre, etc. bref, zoomer à un moment choisi sur des points précis.

Construisez un message clair

Il est indispensable que vous ayez formulé un message clair pour votre auditoire, message qui doit pouvoir compléter la phrase « je veux… »

Bannissez les verbes un peu mous comme « montrer », « expliquer » etc. sur lesquels il n’y a pas vraiment d’enjeu. Vous arriverez toujours à « montrer ».  Vous ne saurez pas si votre intervention était remarquable ou pas. Formulez votre message avec un verbe d’action, vous gagnerez en impact auprès de vos interlocuteurs. Posez vous la question : « avec quoi je veux qu’ils repartent précisément ? » ou « je ne les laisse pas partir tant que …. »

Chaque pitch n’a pas le même message. Si vous voulez vous adresser aux financeurs, ce n’est sans doute pas le même discours que lorsque vous présentez en mode « pitch elevator » votre projet lors d’une soirée entre amis. Mais dans tous les cas, une fois le message formulé, vous n’avez plus qu’à vous amuser à trouver ce qui plairait d’entendre et de voir aux Yeeha! / Waow! / OK et Hem…

exemple de message : je veux montrer qu’un pitch ça se construit dans un déroulé structuré et en se concentrant sur la réception du message et non pas sur sa propre performance d’orateur.

Sélectionnez des supports visuels en cohérence avec votre message. L’on ne retiendra jamais une diapositive de powerpoint, même bien construite. En revanche, une intervention théâtrale, une photographie artistique, une carte mentale, un dessin, une BD, une courte vidéo, etc. oui.

A vos pitchs, prêts ? ZOU !

Évidemment, je ne parle pas ici du contenu. Mais il va de soi que vous devez posséder les connaissances nécessaires à votre intervention orale. Vous devez maîtriser des connaissances et même être conscient.e de ce que vous ne maîtrisez pas.

Exercez-vous et pas devant votre miroir en récitant un texte mais en présentant votre projet/produit le plus souvent possible et en adaptant votre propos au profil Yeeha! / Waow! / OK et Hem…

Pour aller plus loin :

  • passez le test DISC http://www.profil4colors.com/ pour déterminer votre profil
  • Le jeu « Zou! je pitche » en vente sur cette page en construction, 50 cartes pour construire des pitchs originaux et impactant votre auditoire, variez les accroches verbales, les mises en scènes et les supports de démo. 50 astuces et conseils.