Mais si ! vous êtes compétent ... mais vous êtes inconscient !

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Comment se passe véritablement une montée en compétence ? A partir de quand, de quoi, pouvons-nous dire que nous sommes compétents ? Et, du reste, une compétence est-elle durable ou soluble dans l’activité….?

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« Qui peut dire qu’il est compétent, là maintenant, tout de suite sur un domaine identifié ? »

L’on m’a posé récemment la question en stage et, même si je suis habitué d’énoncer cette question provocatrice moi-même à des stagiaires, j’ai ressenti le doute, l’hésitation voire la baisse d’estime de soi comme mes camarades. C’est que les parcours académiques français n’intègrent que très rarement un temps pour dégager les compétences travaillées. La certification montre une habileté reconnue, certes, mais la majorité d’entre nous n’a pas bénéficié d’un retour de son expérience, dégageant les activités effectuées et marquant les réussites, échecs, tâtonnements, etc., creuset de fabrication des compétences.

 

 

Être compétent est une chose, être conscient de sa compétence en est une autre !

 

Maslow a développé un modèle de l’apprentissage qui se retient assez facilement et qui permet de mettre en chronologie tout type d’apprentissage.

 

Explication en vidéo.

 

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L’exemple d’une incompétence inconsciente m’a été donné par une amie accompagnant des assistants en anglais, en résidence dans notre pays. Voici l’anecdote.  Maureen, jeune femme de 20 ans, originaire d’Angleterre est venue passer en France une année scolaire au service de l’assistanat à l’enseignement de l’anglais dans les écoles. Maureen a fait le choix d’avoir en France sa propre voiture pour faciliter ses trajets vers son lieu de travail. Faisant le point avec elle, mon amie chargée de son installation questionne d’éventuelles difficultés rencontrées dans la conduite française (volant à gauche, conduite à droite). Maureen répond que tout va bien. « Enfin, il y a bien des moments où je ne suis encore surprise et où l’on me klaxonne, c’est les endroits où je trouve ce panneau… »

 

 

Nous sommes rapidement interpelés par le malentendu  : Maureen ne sait pas qu’elle ne sait pas la signification de ce panneau. Nous le lui apprenons. Elle reste bouche bée. En un instant, elle devient incompétente consciente : elle se rend compte qu’elle n’a pas le comportement routier adéquat en présence de la signalisation. Dès lors, il lui faudra encore quelques expériences avec leur lot d’hésitations pour devenir compétente conscience jusqu’à qu’elle intègre cette capacité à gérer les priorités à droite de manière automatisée. Elle deviendra alors compétente inconsciente.

 

Ôter la croyance / rassurer-encourager / célébrer

A partir de ce modèle, 3 attitudes principales sont possibles pour un formateur ou accompagnateur de compétences ou encore l’apprenant autodidacte :

 

1- ôter la croyance. Passer de Incompétent Inconscient à Incompétent Conscient.

Difficile souvent d’être conscient que l’on ne sait pas quelque chose. En effet, parfois, il est dur d’admettre qu’il manque une connaissance, qu’une ancienne connaissance est dépassée ou simplement qu’un champs de connaissance insoupçonné s’offre à nous. Les activités possibles sont celles alors de l’analyse, la recherche ou l’évaluation de la situation.

2- rassurer. De Incompétent Conscient à Compétent Conscient.

Dans le cas de Maureen et pour beaucoup d’entre nous, à la découverte d’une connaissance dont on ne disposait pas, c’est une sentiment de honte qui est présent. Plusieurs réactions sont possibles : gêne, évitement, déni, colère, mini état-dépressif, etc. Il s’agit alors de rassurer et de montrer l’apprentissage comme atteignable, d’encourager à y aller. Décomposer l’apprentissage en séquence d’entrainements propose cette mise en route vers l’apprentissage.

3- célébrer la réussite. De Compétent Conscient à Compétent inconscient.

La célébration de la réussite de l’apprentissage dans les instances scolaires est souvent absente et cela nous fait oublier cette étape, à l’âge adulte. Pourtant, c’est bien celle qui déclare la compétence. Même dans le cas où il n’y a pas de diplôme ou certificat à la clé, il est fortement bénéfique de célébrer la réussite d’un apprentissage. J’entends par là d’énoncer la compétence acquise, d’en parler, d’en partager la description, d’en faire toute une histoire ! Celle de Maureen deviendra une belle anecdote. Puis c’est l’intégration, donc l’oubli, dans un ensemble cohérent, la conduite d’une voiture dans un réseau routier français.

 

sean-stratton-744839-unsplashUn dernier niveau est présent dans ce modèle, il s’agit de la compétence consciente inconsciente ou autrement dit le niveau de maîtrise du formateur, maître, etc. Pouvoir analyser ce qui est en jeu dans une compétence automatisée relève de la mission du formateur. Cette analyse se fera d’autant plus facilement si les phases d’apprentissage ont été bien marquées. Cela passe parfois par le souvenir de son aveu de non-connaissance. Bref osons ne pas savoir pour mieux apprendre !

Lors des séances de coaching que j’anime, la confiance, quelle qu’en soit la forme, différente chez chacun, qui est en jeu pour la réalisation d’un objectif, se gagne par l’installation du processus d’apprentissage de Maslow. Nous visitons, dans une modalité toujours co-designé avec le client, quelles sont les croyances limitant l’apprentissage à réaliser, les formes d’encouragements nécessaires à se donner pour enfin célébrer la réalisation de son objectif.

 

crédit photo
unsplash-logoMartin Adams