Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ce dromadaire ?

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C’est une phrase assez surréaliste,

j’en conviens, qui m’a été prononcée par un interlocuteur de type « fin de soirée d’été » à propos d’un sujet pourtant tout à fait sérieux ! Je vous en partage l’anecdote.

Simon – on va l’appeler Simon – fait partie de ces comparses de soirée avec qui on partage trois phrases, présentant aucun autre intérêt que celui de passer un briquet, parler du froid qui gagne peu à peu nos membres au fur et à mesure de la soirée, ou encore d’échanger des avis anormalement consentants sur l’absence de « bonne » musique. Comme s’il était convenu que l’on avait les mes goûts, alors que l’on vient juste de faire connaissance Et puis au détour d’une phrase, c’est le mécanisme de connaissance / reconnaissance qui se met en marche.

« Je t’ai vu jouer du violon, tout à l’heure, c’était bien. J’adore cet instrument. Et puis j’en ai joué, quand j’étais enfant. Enfin jusqu’à ce que j’arrête. Parce que mes parents m’ont écouté. J’étais un peu démotivé et ils n’ont pas insisté. Je regrette qu’ils n’aient pas insisté. En persévérant, j’aurais pu atteindre un niveau correct. Jouer les airs qui me plaisent, la musique irlandaise. »

En bon coach de vie (on ne se refait pas !), je lui demande s’il a toujours envie aujourd’hui de jouer ? Puis d’apprendre ?

 

 

Comment pourrait-il s’y prendre pour réapprendre le violon ?

three person holding clear drinking glasses

Et là, les obstacles et les freins habituels pour toute activité introduisant du changement, se mettent en place : manque de temps, isolement, compliqué par un quotidien instable, la question du coût (argent, investissement personnel, etc.). Le sentiment de honte apparaît alors, engloutissant ce qui, au départ, était un bel horizon. La vie menée, pas assez cohérente (selon lui !), ne laisse pas de place à ce qui, de manière évidente, apparaît pourtant comme essentiel pour Simon. S’il avait le temps, s’il trouvait le bon professeur…

« Et que peux-tu faire dès demain pour commencer la route vers ce qui est ton désir : réapprendre le violon ? »

Simon lève les yeux en l’air, à sa droite. J’interprète qu’il fait appel à des images, qu’il imagine des possibilités. J’insiste : « que vois-tu comme possible ? »

« Ben…. en fait, je peux facilement récupérer un violon (un copain). Et puis je peux dès demain chercher des tutos sur internet pour réapprendre les bases. Pas besoin de prof dans un premier temps.

Il manque le temps d’entraînement…Oh ! je sais ! je vais rêver que je fais du violon et je m’entraînerai dans mon rêve ! »

 

Là, je me suis dit que j’avais mésestimer la sobriété que je supposais à mon interlocuteur, et que, dans cette belle soirée d’été, Simon en avait profité pour boire et fumer abondamment. Mais son enthousiasme et ses yeux éblouis, plantés dans les miens, ont semé le doute.

 

 

 

En fait, Simon me raconte qu’il fait très régulièrement des rêves lucides.

 

Que ça peut paraître bizarre mais que c’est un fait expliqué scientifiquement. Dans son sommeil, il déroule un scénario, comme pour tous les rêveurs, mais sur lequel, lui,  il arrive à reprendre l’intention d’écriture. En cours de rêve, il prend conscience qu’il rêve et peut alors diriger l’histoire de son rêve dans un sens qu’il détermine. Ainsi, en toute logique, il va rêver, comme il le fait souvent, qu’il joue du violon, et décidera de s’entraîner selon les tutos qu’il aura consultés au préalable. Autant de temps gagné ! Il me dit qu’il va pouvoir également se prendre ce temps du rêve pour planifier les actions qui le mèneront vers la concrétisation de son projet.

J’étais stupéfait. Tout cela sonnait si juste pour lui .Verbalement mais aussi dans tout son corps, devenu tonique soudainement. Comme à la fin d’une séance de coaching lorsqu’un client trouve sa méthode pour dénouer ce qui le bloquait. Simplement, je ne connaissais pas cet état de rêve lucide, dans lequel, par exemple, certains sportifs continuent de s’entraîner mentalement.

 

 

 

Lui demandant des détails sur ce qu’il ressent lors de ses rêves lucides, il m’explique.

« Par exemple, l’autre jour, j’étais en ville et, de manière surprenante, je vois surgir devant moi un dromadaire. Et bien là, je me dis, ce n’est pas possible, donc c’est que tu es en train de rêver. Et là, je me dis : qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ce dromadaire ? »

Je suis sorti de ce temps d’échange très étonné et pressé de lire des articles sur ce phénomène de rêve lucide. Ce que j’en ai compris, c’est qu’il y a , pour ceux qui pratiquent le rêve lucide, un espace privilégié d’auto-coaching, d’auto-entraînement et d’immense imagination qui leur est offert. Je me suis remémoré alors La Science des rêves de Michel Gondry, qui a permis en 2006 au grand public d’avoir un aperçu de la lucidité onirique.

 

 

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Pour Simon, c’est le violon, mais pour chacun d’entre nous, c’est l’art martial, le temps pour les copains, des activités oubliées, des balades en forêt, les vacances ambitieuses dont on rêve depuis longtemps, le livre que l’on écrira un jour (quand ?), l’entreprise que l’on aimerait créer mais… ( que faut-il pour le faire ?), etc.

Pour tous ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir accéder à la lucidité onirique, il y a le coaching ! un espace-temps bienveillant et motivant pour concrétiser ce qui manque à chacun pour se sentir pleinement soi, libre et réalisé !