Mode multi-projets : vous pouvez courir deux lièvres dans le même panier.

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etudiant« Finis d’abord ce que tu es en train de faire. »

« Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier. »

« Ne cours pas deux lièvres à la fois. »

« Tu commences tout et tu ne finis rien. »

Et pourquoi pas ?!

 

 

 

J’ai longtemps ressenti de la culpabilité à entamer plusieurs projets dans le même temps. Encore aujourd’hui, il me vient, par ma propre pensée, ou par celle exprimée très spontanément par mon entourage ! , des remarques désobligeantes sur le fait de mener plusieurs projets d’envergure à la fois. Or, avec l’expérience, je me rends compte que les meilleures périodes d’activités sont pour moi reliées à des périodes intenses de multi-projets.

 

Ce que je ressens profondément c’est :
« justement, profitons de l’énergie qui est là ! Courons deux lièvres à la fois ».

 

Une fois avoir clarifié que ce n’est pas une stratégie d’évitement ou d’auto-sabotage, on peut se poser la question : en quoi la limitation à un seul projet, tout aussi important qu’il soit, est-elle garante d’une pleine réussite ? Et si courir plusieurs lièvres à la fois pouvait être positif ?

 

Energie haute

La synergie dégagée par l’activation de plusieurs projets en simultané peut être profitable à chacun d’eux. La motivation s’en voit augmentée. En effet, mener plusieurs projets est stimulant et augmente l’estime de soi et le niveau de confiance. Ceux qui sont coutumiers du fait reconnaîtront cette énergie haute : période de travail transversal où tout semble possible, tout est cohérent et se complète, dans tous les domaines de vie.

Certains commencent une nouvelle vie professionnelle, engageant une prise de risque, en même temps qu’ils attendent leur 2ème enfant. D’autres commencent une nouvelle histoire d’amour à 55 ans, au moment où ils décident de démissionner de leur poste et d’envisager une reconversion professionnelle ! Il y a comme une coïncidence heureuse en événements, une congruence d’énergie positive.

 

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unsplash-logoPaul Skorupskas

D’autre part, se placer en mode multi-projets est souvent une bonne façon de gagner en productivité. Ainsi, les temps de pause d’un projet nécessaire à la prise de recul afin de laisser « reposer la pâte » peuvent être occupés à continuer d’avancer sur un autre. L’appareil mental se focalisant ainsi sur un nouvel horizon, se surprendra à évaluer et perfectionner le premier projet alors redécouvert avec un oeil neuf. C’est un gain de temps et de qualité.

 

Efficacité

C’est aussi une écologie : les idées d’un projet en nourrissent un autre. Il y a souvent des passerelles entre les projets d’une même période. C’est sans doute la même énergie qui prend différentes formes à travers différents projets. C’est le même élan. A condition de bien organiser son temps et son travail, ce n’est pas un cumul et le volume d’activité n’est pas multiplié par le nombre de projet.

Les interlocuteurs avec lesquels vous avez eu un fonctionnement efficace dans un projet pourront être employés pour un autre. Plus besoin de temps pour se connaître et se reconnaître, il y aura eu un matching précédent bien appréciable. La confiance sera là et vous serez prêts à fonctionner en toute loyauté. Les méthodes et les outils de suivi des projets sont souvent les mêmes.

Enfin, et c’est un point difficile à expliquer, la pression exercée par le fait de mener plusieurs projets à la fois rend plus percutant. Le tempo est plus rapide et vous devez tenir les échéances. Vous n’avez pas tout votre temps, comme dans le cas d’un seul projet mené, et c’est tant mieux car productif d’efficacité. Cela rompt avec l’idée qu’on sera bon quand toutes les planètes seront alignées, que l’on aura les ressources, le budget, le temps et l’espace entièrement consacrés pour LE projet. Un jour…

Au contraire, c’est profiter du moteur qui est en train de tourner pour diriger l’énergie produite vers de nouveaux territoires.

Slash

petits chevauxPour résumer, le sentiment inhérent à un mode multi-projet est proche de la stratégie qui consiste à faire sortir plusieurs petits chevaux dans le jeu du même nom. Certains joueurs mènent un à un le destin de chaque pion tandis que d’autres aiment à faire sortir le maximum de chevaux sur la piste et ont le sentiment ainsi de ne pas mettre leurs oeufs das le même panier. Si un cheval est dégommé, il en reste sur la piste.

Pour certains que l’on nomme les slash-travailleurs, c’est le choix que toute la structure professionnelle s’affirme en mode multi-projets. Les exemples sont nombreux : 50% employé, entrepreneur d’une boîte de consulting et développant une activité artistique semi-pro, etc.

Le profil d’Hélène Picot est assez exemplaire d’un tel choix de vie.