Vivez vos rêves plutôt que de rêver votre vie! Quand Brel fait la leçon à Madame Bovary

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Sur une plage de Charentes, sous un soleil brûlant néanmoins adouci par une brise océane, permettant de refroidir à la bonne température mon corps alangui sur une étendue de paillotte, je lis – pour la 12ème fois environ- le chef d’oeuvre de Gustave Flaubert Madame Bovary.

J’écris « je lis » parce que je n’ai pas l’impression de le relire ! Je ne souhaite pas faire le prétentieux en avançant « relire » comme l’on « relit Proust ». Ce roman est un endroit que je revisite, un pèlerinage intellectuel que j’effectue tous les 2 ou 3 ans, un retour aux sources très stimulant.

Mais cette fois-ci, lors de cette énième lecture, je suis frappé par une idée fulgurante :

Mme Bovary aurait dû faire appel à un coach de vie !

 

 

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Bien sûr, secrètement, j’aurais aimé être ce coach ! Mais du coup, si j’avais bien tenu mon rôle de coach, le récit aurait trouvé sa fin au 1/3 du livre, et de manière heureuse, ce qui en aurait gâché tout l’intérêt.

L’histoire de Mme Bovary me saisit depuis l’âge de 13 ans, lorsque durant un été aussi, l’ennui d’une préadolescence molle a été égayée par la lecture foudroyante de cette œuvre. Et je n’y ai rien compris… Évidemment… Mais j’avais eu alors l’impression de pénétrer une pièce de mon palais mental, jusqu’alors inexplorée, Flaubert ayant réussi comme personne à me décrire l’ennui d’Emma, à l’image du mien, cet ennui même qui me poussait, cet été-là, à la lecture.

 

Rappelons ici brièvement l’histoire d’Emma Bovary

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En province normande, Emma, élevée au couvent et bercée par des lectures romantiques, prend comme époux Charles Bovary, médecin. Mais le mariage ne répond pas à ses attentes et après qu’elle a goûté aux plaisirs d’un bal extravagant, elle oscille entre états dépressifs et exaltations mystiques. Installés à Yonville l’Abbaye, elle intègre le rang d’une notoriété de village. Elle rencontre alors Léon et se pique au jeu de la séduction. Puis ce sera Rodolphe avec lequel elle va connaître une idylle passionnée. Mais l’écart qu’elle vit entre ses désirs d’une part et la réalité d’autre part l’emporte toujours vers une mélancolie lasse.

Elle investit tour à tour sa vie de mère, d’épouse, d’amante adultère, de femme pieuse, dans une dépense d’énergie et d’argent pharamineuse. Rien n’y fait, l’ennui surpasse les excitations éphémères. Lorsque les dettes la submergent, elle ne voit qu’une seule échappatoire : elle se suicide en avalant de l’arsenic.

 

 

Rêver un impossible rêve

Jacques Brel avait cette tournure : « on ne réussit qu’une seule chose, on réussit ses rêves ». Il appuyait ainsi une différence fondamentale entre « réussir sa vie » et « réussir dans la vie ». Or, quel était le rêve d’Emma Bovary ? Impossible d’apporter une réponse claire à cette question. Parce que ce n’est pas clair pour elle. Elle souhaiterait des réussites dans sa vie et elle mise tour à tour sur son mari, ses amants, la vie de notable, la vie à la ville, les étoffes et même la maternité. C’est justement l’absence de l’écriture de ses rêves qui la condamne.

Charles Bovary, lui, n’a aucune ambition de réussite. Il souhaite disposer d’un foyer avec une femme, des enfants et un métier. Sans intensité de vie particulière. Et c’est l’échec également pour lui qui se laissera mourir sur un banc du jardin…

Posée ainsi, l’histoire du roman paraît sordide. Pourtant, je ressors de mes lectures régulières de ce livre avec une formidable envie.

 

En-vie !

soleil-zou-webJe trouve toujours touchants et courageux les clients que je reçois en coaching et qui décident de rompre avec un fonctionnement qui ne leur va plus. Peu importe le domaine de vie concerné : bifurcation professionnelle, parentalité, estime de soi, fin d’une addiction, communication, lien social, familial, etc. Du moment qu’ils décident d’opérer un changement, par eux-mêmes mais pas tout seul, avec l’aide d’un coach, ils sortent de l’imaginaire destructeur d’une vie rêvée. Ils ne rêvent plus leur vie, ils décident de réaliser leurs rêves. Ils font confiance à leur envie, sans se cacher derrière les obstacles. Quelle loyauté envers soi-même !

Ce qui est formidable, c’est que chacun en a la possibilité. Il n’y a pas de personnes plus fortes que d’autres à opérer des transformations. C’est une compétence universelle.

Au coach la responsabilité d’accompagner chacun pour qu’il structure la réalisation de son rêve, qu’il retrouve les bonnes vibrations émotionnelles, qu’il oriente son mental vers la réussite et qu’il retrouve le plaisir et la satisfaction de se voir grandir.

Emma, elle, choisit une forme de zone de confort qui va finir par tuer ses envies : la mélancolie permanente.