Sandrine Pignard : un corps sain dans un esprit sain dans un environnement sain

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Prenez une inspiration… auprès de Sandrine Pignard, par les formes multiples qu’elle a donné à sa vie professionnelle, convoquant des compétences fines d’accompagnement des personnes, de l’accroissement du bien-être individuel et collectif.

 

Bonjour Sandrine. Merci de prendre le temps de cette interview. Dans une soirée, comment réponds-tu à la question, « et toi tu travailles dans quoi ? »

Je peux te répondre très facilement : j’anime, je gère et je développe un espace de co-working. En face,les gens s’interrogent…co-working ? Pour certaines personnes, il y a une petite idée, mais ce n’est pas souvent très connu. On y fait quoi ? c’est bien plus qu’un lieu de travail, les travailleurs en freelance, indépendants, autre, en recherche d’un lieu viennent dans cet espace. On y trouve de la mutualisation de l’espace mais aussi des compétences, de l’entraide, des collaborations avec l’humain au centre.

Peux-tu nous en faire une visite virtuelle ?

Nous sommes au Nord de St Etienne, à côté du musée d’art moderne, dans une belle situation localement dans le département mais aussi dans la région, au centre de Auvergne-Rhône-Alpes. On entre dans un espace très ouvert et lumineux avec un coin canapé, table basse ? Ensuite, on a une grande salle de réunion, avec une lumière traversante, très agréable à travailler jusqu’à 20 personnes. On a ensuite un bloc toilette PMR. L’environnement a été pensé selon les valeurs d’Héliose.

Peux-tu nous en dire plus sur cette association, Héliose ?

L’association Héliose créée il y 40 ans, était visionnaire sur l’énergie solaire puis espace info énergie, sur l’isolation des maisons et l’économie d’énergie. Un dispositif local d’accompagnement a organisé des brain-stromings et la transformé les idées en réalisation. La mobilité douce est au cœur des valeurs d’Héliose. C’est pour cela que le Moulin est proche de tous les accès routiers, ferroviaires, tram.O n retrouve l’ambiance de la maison, coin détente, coin travail, une petite salle de réunion petite mais bien pensée. Une architecte a vraiment bien travaillé notamment sur cette pièce accueillant 2 ou 3 personnes que l’on ne ressent pas come exiguë. On arrive dans l’espace cuisine, on y fait des pauses café/thé, on y déjeune ensemble. Le thé et le café est à volonté. On a une douche pour les sportifs : pour ceux qui font une pause sportive dans leur journée ou bien ceux qui arrive en vélo. Un espace calme pour les co-workers nomades et ceux qui souhaitent un bureau attitré. Bien isolé phonquement, de l’autoroute cette salle a un beau parquet flottant.

Quels sont essentiellement les secteurs d’activité des co-workers du Moulin ?

C’est extrêmement riche : nous accueillons 22 membres dont les activités vont du consultant informatique et sophorologue, à des offres de loisirs familiaux , plusieurs coaches, avec différentes spécificités, des travailleurs du domaine immobilier, etc.

Tu le sais bien : je m’intéresse au développement des organisations et des personnes et je trouve que le Moulin est un bel outil de développement. Toi, de ton côté, qu’observes-tu sur le développement économique, comm et personnel des co-workers ?

Je vois des évolutions chez chacun. L’envie ou pas de travailler ensemble est respectée mais chaque personne va déteindre sur les autres. Ça se passe avec les gens qui viennent régulièrement au Moulin, je dirais que ça percole entre eux, dans le développement mutuel. En termes économiques, les retours sont encore trop peu mesurables, nous aurons une visibilité dans quelques mois.

Le moulin apporte un développement en productivité indéniable. les personnes sont plus productifs au Moulin, c’est unanime ou presque. Et pour la personne qui se dit moins productive qu’à la maison,c’est la créativité qu’elle trouve plus riche.

Je souhaiterais que tu nous parles un peu de toi : je ne serai pas capable de citer tous les métiers que tu as fait : tu peux nous en citer quelques uns ?

sandrine PignardJ’ai le parcours typique des gens qui vont dans les espaces de co-working. Je ne regrette rien de toutes les choses que j’ai faites. Parfois pendant peu de temps, pour passer à autre chose. Agent thermale pendant trois saisons, j’adorais accompagner les clients, les accueillir. Suite à ça j’ai créé à mon compte un espace pour prendre soin de soi ce qui était très précurseur à l’époque, avec massage. Il y a une énergie sans peur à l’époque, à cet âge-là. Je me posais beaucoup moins de question que maintenant (rires).

Je suis retourné travailler aux thermes puis j’ai travaillé dans un centre de remise en forme, passer le diplôme d’état. Avec les missions de maman par-dessus… J’ai ensuite enseigné (rires) pendant 7 ou 8 ans dans le privé et dans le public. J’ai adoré ce que j’ai fait mais je me disais que je ne ferai pas ça toute ma vie, et à 35 ans, j’ai réalisé que ce ne sera pas possible de faire ça jusqu’à ma retraite. J’ai fait un bilan de compétence puis profitant un congé parental, j’ai passé 5 ans à la fac. J’ai refait des boulots alimentaires, à l’accueil d’une piscine, dans la vente de produits divers, en CDD à la DDCS (aujourd’hui ministère jeunesse et sport). Re-enseignement en lycée hôtelier.

Et j’en oublie…

Qu’est –ce qui te pousse à changer à chaque fois, et à créer ces ruptures ?

Pendant la fac, c’était des missions courtes donc les CDD rythmait les changements de métiers. Généralement, lorsque je ne me nourris plus, il faut que je fasse autre chose. Et je le fais.

Qu’est-ce qui relie, selon toi, toutes ces expériences professionnelles ? Quelles valeurs ces métiers sont venus nourrir ?

Tout me sert. Tout. Même mon master en cartographie pour passer d’un logiciel à un autre. Je garde du master la capacité de passer d’un outil numérique à un autre et de me débrouiller avec. Je m’appuie sans doute pour l’animation sur les cours que j’ai donnés. Le relationnel, le contact avec les gens, les accompagner dans leurs difficultés, c’est ce que j’ai vécu par les précédents métiers ;

Mais, en même temps, on n’est pas des clients… Tu résussis à nous mettre en lien, à faire que l’on ne soit pas simplement des co-habitants. Comment t’y prends-tu ?

Merci à La Cordée, j’ai fait une formation d’animation d’espace avec. Je sens que c’est quelque chose d’innée en moi, je ne peux pas m’empêcher de le faire : aux thermes, à la salle de sport, à la piscine, dans l’enseignement. Ici, c’est le pilier de mes compétences, ne pas le faire serait une erreur professionnelle.

Est-ce que tu dirais que tu fais de l’accompagnement ?

Oui. Je ne t’aurais pas dit ça il y a 6 mois. Ce n’est pas un accompagnement professionnel classique avec business plan, conseil, accompagnement par étape, etc. Mais il s’agira davantage de renvoyer à une autre compétence, de rencontrer une autre personne.

J’avais noté tu es « couteau suisse » ? Comment tu te retrouves dans cette expression ?

Je n’aime pas ce terme ; La cordée appelle les animateurs les couteaux suisses. L’image c’est d’avoir plein de lames et de sortir la bonne au bon moment ou d’aller chercher la lame manquante en se formant.

Ce qui a de sûr, c’est que j’apprends de vous aussi. Vous ccompagner m’amène à me former.Tu m’as cité né un terme qui me parle beaucoup : facilitateur. C’est bien ça.

Comment fais-tu en sorte que le cadre soit posé ?

Je distribue un livret avec les règles de vie et ensuite c’est du quotidien, c’est du partage. On n’en est qu’au début mais je ne suis pas inquiète, ça va percoler.

Qu’est-ce que tu n’as pas encore réalisé / développé que tu souhaiterais réussir ?

Je ne me suis pas encore posé cette question sur de prochaines réalisation et je n’en ai pas. Je suis concentrée sur le moulin . J’ai des projets perso mais je me freine un petit peu j’apprends désormais à canaliser, à ralentir.

As-tu une citation, un slogan qui t’inspire ?

Oui ! et il évolue : un esprit sain dans un corps sain. Puis une esprit sain dans un corps sain dans un environnement sain. Et avec des gens sains.

J’ajoute aujourd’hui l’environnement et l’humain.