Le monde des biZOUnours

separator

Dans la même semaine, j’ai entendu trois fois cette expression « on n’est pas dans le monde des bisounours », dont deux fois dans la même journée. C’est un peu louche ce besoin de jeter l’opprobe sur ces peluches ventrues, non ?

La première fois, lors d’une conférence sur le bien-être au travail, l’intervenant détaillait les développements durables possibles au sein des entreprises pour répondre à des critiques du genre « bisounours ».

 

Ecchymose psychologique

Les deux autres situations concernaient des proches de mon entourage . Leurs témoignages étaient davantage teintés d’une «ecchymose » psychologique : comme un bleu à l’âme… Les deux personnes qui en ont fait les frais exercent dans des milieux professionnels très différents. Elles ont vu leur invitation à davantage de développement personnel, leur appel à plus de bienveillance, l’introduction d’un peu de douceur relationnelle balayée d’un revers de main. En fait, à chaque fois que j’entends cette expression, c’est bien souvent qu’une proposition est lancée, dans la spontanéité, le désir de faire naître une nouvelle forme, inconnue,  excitante, ouvrant des possibles encore peu imaginés. Dans cette créativité jaillie du cerveau droit, la projection d’une idée crée sans le savoir, un affront à ce qui fait ordre pour une communauté. La rationnalité du cerveau gauche agit comme le pot de fer contre le pot de terre :  c’est le retour des contraintes, des problèmes à résoudre, de la logistique à construire, bref la normalité convenue qui structure le métier.

Dans son lot, on trouve également les expressions « on n’est pas là pour faire du social » ou « cessons de croire au Père Noël », ramenant la raison (professionnelle généralement) au premier plan et plaçant soudainement une vision idéaliste d’un développement imaginé au rang de puérilités futiles.

 

Le chaos bisounours

Bizouours

 

Dans quel chaos verserions-nous, si nous vivions dans le monde des Bisounours ? Sur quelle peur ancestrale se batît cet argumentaire finalement assez violent, disant « qu’on ne vit pas dans le monde des bisounours » ? Remarquez que, généralement, la majorité est silencieuse autour de l’énonciateur de cette sentence. Pas question de le contester : il est admis qu’ « on ne vit pas dans le monde des bisounours, quoi ! ».

 

Pourtant, attachons-nous un peu à éclaircir ce que dissimule la popularité de cette expression, et d’abord en y étudiant les conditions de son apparition.

 

Etymologie

Pourtant, penchons-nous sur le terme « bisounours ». C’est un peu drôle de faire de l’étymologie sur ce mot apparu avec les personnages-câlins des années 80 ! Il porte incontestablement le mot bisou. Or, le bisou fait peur. Il peut complètement détruire les logiques qui tiennent l’activité, les relations professionnelles et les dos droits. Si on introduit le bisou, on est mort. C’en est fini de l’ordre conventionnel du travail ; et c’est cela qui forme la quasi-unanimité d’une communauté professionnel : on en peut pas verser dans le monde des bisous, ça tuerait le travail !

Pourtant, le terme anglais d’origine  – vous remarquerez le dévouement scientifique qui m’anime sur ce sujet !-  est Care Bears.

To care : prendre soin.

Aujourd’hui, des entreprises font intervenir des coaches pour dérouler des actions de team caring (et j’y participe avec ravissement), à savoir l’expérimentation et l’installation d’un ensemble d’attitudes durables de bienveillance, pour un « mieux travailler-ensemble ». Moins spectaculaire que certains moments récréatifs d’équipe (karting, croisière, escape-game), le team-caring peut être une expérience individuelle et d‘équipe très puissante. Team-building et Team-caring bien menés sont des occasions empreintes d’humanité pour se connaître et se reconnaître.

 

Stop caring about taking care !

Et si le danger ressenti était celui que présentait un monde professionnel dans lequel nous renoncerions à l’indifférence, dans lequel nous gérerions, en adulte, les états émotionnels, pour une meilleure mobilisation de chacun et vers un engagement collectif ?

S’engager. Lancer des idées, mêmes irréalisables, pour générer du désir, dans le milieu professionnel, faire sortir les personnes incarcérées dans l’individu-type. Chercher un ensemble dans lequel chaque personnalité s’exprime, à la place d’un organigramme dans lequel chacun « tient » (sa place).

Faire des erreurs, tenter, se relever, y aller vraiment, cesser de » penser petit » ou de « penser concret ». Orienter son action vers des espaces et des temps utopiques (étymologiquement « qui n’existe pas »).

En coaching, nous avons des outils permettant d’activer ces désirs d’utopie qui sont en fait en sommeil chez chacun et qui renferme de précieuses ressources. Le désir ainsi réveillé vous donnera à la fois une orientation

Et vous, si on tout était possible, si on vivait dans le monde des biZOUnours, que changeriez-vous ?

Zou !